Fatigue chronique après 35-40 ans : le rôle du NAD+

Nad et fatigue chronique
Jean-Christophe gadrat

Jean-Christophe gadrat · Fondateur de SIHO

Publié le 19/07/2026

En bref

La fatigue persistante après 35-40 ans n'a jamais une cause unique. Elle résulte le plus souvent de la convergence de trois piliers : la fonction mitochondriale qui produit moins d'énergie, l'équilibre hormonal qui se modifie, et l'hygiène de vie qui n'est plus alignée sur les besoins réels. Le NAD+ agit précisément sur le premier pilier, en soutenant la machinerie énergétique cellulaire. Il n'est pas un stimulant. Il ne "guérit" pas la fatigue chronique. Il fait partie d'une stratégie globale de vitalité qui inclut le sommeil, l'exercice, l'alimentation et, si besoin, un bilan médical pour identifier une cause traitable.

La fatigue persistante est l'un des premiers motifs de consultation en médecine générale en France. Elle touche tous les âges, mais elle prend une consistance particulière à partir de 35-40 ans, où elle ne se laisse plus expliquer par une seule nuit courte ou une semaine chargée. C'est une fatigue de fond, cumulative, qui devient un bruit permanent dans la vie professionnelle et personnelle.

Le sujet du NAD+ revient beaucoup dans les discussions autour de cette fatigue de fond. À juste titre, en partie : le NAD+ est au cœur de la production d'énergie cellulaire. Mais à tort si on lui prête la vertu d'un stimulant ou d'un remède unique. Cet article fait le point honnête sur ce que le NAD+ peut, et ne peut pas, faire pour la fatigue chronique.

Si vous découvrez le sujet, lisez d'abord l'article qui explique ce qu'est le NAD+, sa fonction biologique et son déclin naturel avec l'âge. Le présent article part de cette base pour aborder spécifiquement la question de la fatigue persistante.

Comprendre la fatigue avant de vouloir la traiter

Le premier réflexe utile est de distinguer trois types de fatigue qui n'appellent pas les mêmes réponses.

La fatigue passagère. Elle apparaît après un effort particulier, une nuit courte, un décalage horaire, une charge de travail intense. Elle disparaît naturellement avec deux ou trois bonnes nuits de sommeil et un peu de repos. Cette fatigue n'est pas un signal d'alarme, c'est une réponse physiologique normale.

La fatigue chronique fonctionnelle. Elle s'installe sur plusieurs semaines ou plusieurs mois. Le repos ne la répare plus complètement. On se réveille déjà fatigué. L'énergie baisse plus tôt dans la journée. La récupération sportive s'allonge. La concentration devient plus fragile. C'est cette fatigue-là qui pousse à chercher des solutions, et c'est celle sur laquelle le NAD+ peut avoir un intérêt documenté.

La fatigue pathologique. Elle est le symptôme d'une cause médicale identifiable : hypothyroïdie, anémie, carence en fer ou en vitamine B12, syndrome d'apnées du sommeil, dépression, diabète, maladie inflammatoire, syndrome de fatigue chronique post-viral. Cette fatigue-là n'a pas sa réponse dans un complément alimentaire. Elle a sa réponse dans un diagnostic médical et un traitement adapté.

La question qu'il faut se poser en premier n'est donc pas "quel complément prendre" mais "de quel type de fatigue je souffre". Toute démarche cohérente commence par cette question.

Les trois piliers de la fatigue chronique

Une fois écartée la fatigue passagère et la fatigue pathologique, il reste la fatigue chronique fonctionnelle. Celle qui touche la majorité des adultes après 35-40 ans. Elle est presque toujours multifactorielle, et elle repose sur la convergence de trois piliers biologiques.

Cartographie de la fatigue chronique

CAUSE DE FATIGUE CHRONIQUE PILIER 1 Mitochondrial Production d'énergie cellulaire (ATP) PILIER 2 Hormonal Thyroïde, cortisol, stéroïdes sexuels PILIER 3 Hygiène de vie Sommeil, exercice, alimentation, stress Fatigue chronique NAD+ agit ici

Une fatigue chronique naît généralement de la convergence des trois piliers. Le NAD+ agit spécifiquement sur le pilier mitochondrial, ce qui explique son intérêt documenté mais limité : il soutient un tiers du système.

Le pilier mitochondrial. Chaque cellule du corps produit son énergie grâce aux mitochondries, ces centrales énergétiques qui convertissent les nutriments en ATP. Avec l'âge, cette production baisse. Les causes sont multiples : baisse du NAD+ disponible, accumulation de dommages oxydatifs dans les mitochondries, réduction de la biogenèse mitochondriale, moindre efficacité de la respiration cellulaire. Le résultat : à effort équivalent, la cellule fabrique moins d'ATP, et le corps ressent moins d'énergie disponible.

Le pilier hormonal. Plusieurs hormones majeures baissent ou dérèglent leur équilibre à partir de la trentaine. La thyroïde peut ralentir (hypothyroïdie infraclinique, fréquente et sous-diagnostiquée). Le cortisol matinal peut s'aplatir, produisant cette sensation de réveil non-réparateur. La testostérone chez l'homme et les stéroïdes sexuels chez la femme évoluent, avec des effets sur l'énergie et l'humeur. La périménopause chez la femme est un cas particulier documenté de fatigue hormonale majeure.

Le pilier hygiène de vie. Le sommeil de qualité insuffisante, le manque d'activité physique, une alimentation trop transformée et pauvre en micronutriments, un stress chronique élevé, une consommation régulière d'alcool : chacun de ces facteurs alimente la fatigue de fond, et leur cumul la rend persistante.

La fatigue chronique fonctionnelle est presque toujours la somme de ces trois piliers, à des dosages différents selon les personnes. Aucun complément alimentaire n'agit sur les trois. Le NAD+ agit sur le premier.

Pourquoi le NAD+ agit sur le pilier mitochondrial

Le NAD+ est la coenzyme centrale de la respiration mitochondriale. Sans NAD+, la mitochondrie ne peut pas transférer les électrons issus des nutriments vers la chaîne respiratoire qui produit l'ATP. Sa concentration intracellulaire conditionne littéralement la quantité d'énergie qu'une cellule peut fabriquer.

Trois mécanismes expliquent l'intérêt d'un précurseur du NAD+ dans le contexte d'une fatigue chronique fonctionnelle.

Un, l'élévation directe du NAD+ intracellulaire. L'étude Dellinger (2017, Scientific Reports) a montré qu'une supplémentation en nicotinamide riboside à dose standard élève le NAD+ sanguin de +40% en 4 semaines. Cette élévation se maintient sur la durée de la prise. Fournir plus de substrat à la mitochondrie, c'est ouvrir plus grand le robinet énergétique.

Deux, l'activation des voies métaboliques mitochondriales. L'étude Elhassan (2019, Cell Reports) a documenté que 21 jours de nicotinamide riboside chez des hommes âgés élèvent le NAD+ dans le muscle squelettique lui-même, et modifient l'expression des gènes de la biogenèse mitochondriale dans un sens favorable. Autrement dit, le NR ne se contente pas d'élever un chiffre sanguin : il modifie effectivement la biologie du tissu cible.

Trois, la modulation de l'inflammation chronique de bas grade. Une inflammation systémique de bas grade est l'un des moteurs cachés de la fatigue chronique. Elle consomme du NAD+ (via les enzymes PARPs), entretient le stress oxydatif, et pèse sur la fonction mitochondriale. Plusieurs essais cliniques ont documenté un effet anti-inflammatoire du NR, notamment dans l'étude Brakedal 2022 sur des patients atteints de maladie de Parkinson, où les cytokines inflammatoires ont diminué dans le sérum et le liquide céphalo-rachidien.

Ce que les études cliniques montrent, et ce qu'elles ne montrent pas

Il faut ici être précis pour ne pas survendre le NAD+ dans le contexte de la fatigue.

Aucun essai clinique à ce jour n'a évalué le nicotinamide riboside spécifiquement chez des adultes ayant un diagnostic de fatigue chronique fonctionnelle, avec une amélioration mesurée sur des échelles de fatigue validées comme critère primaire. La recherche s'est concentrée sur des populations avec des pathologies identifiées, où la dimension fatigue est un critère parmi d'autres.

Ce que la recherche a réellement documenté

NICE 2024 (Hammers et al., Nature Communications) : 90 patients atteints d'artériopathie oblitérante des membres inférieurs. NR pendant 6 mois : amélioration significative du périmètre de marche au test des 6 minutes (+17,6 mètres). Effet fonctionnel modeste mais réel chez des patients avec limitation vasculaire.

CoNR trial 2024 (Ikizler et al.) : 25 patients atteints d'insuffisance rénale chronique. NR 1000 mg/j pendant 6 semaines : amélioration de l'index bioénergétique cellulaire et de la capacité respiratoire de réserve des monocytes. En revanche, pas d'amélioration de la performance aérobie maximale (VO2 peak).

Elhassan 2019 (Cell Reports) : hommes âgés en bonne santé, NR 21 jours : élévation du NAD+ musculaire, signature transcriptomique anti-inflammatoire, activation des voies métaboliques mitochondriales.

Ces études démontrent un effet biologique cohérent avec le mécanisme attendu (soutien mitochondrial, réduction de l'inflammation), sans démonstration directe d'une amélioration de la fatigue chronique fonctionnelle comme critère primaire.

Cette nuance est essentielle. Les données existantes suggèrent que le NR agit sur les paramètres biologiques impliqués dans la fatigue, sans qu'un essai clinique dédié n'ait mesuré la fatigue elle-même comme critère principal. C'est un signal fort, mais ce n'est pas la démonstration clinique idéale.

Les retours empiriques des utilisateurs de précurseurs du NAD+ vont majoritairement dans le sens d'une amélioration de l'énergie ressentie après 2 à 4 semaines de prise régulière. Ces retours ne remplacent pas une étude clinique dédiée. Ils s'inscrivent dans la même direction que les paramètres biologiques mesurés dans les essais existants.

Pourquoi le NAD+ seul ne suffit jamais

Reprenons le schéma des trois piliers. Le NAD+ agit sur le premier, il ne touche pas les deux autres. Un déséquilibre thyroïdien, une carence en fer, une périménopause avancée ou un stress chronique majeur ne se corrigent pas par une supplémentation en précurseur du NAD+.

Concrètement, cela signifie deux choses.

Un, le NAD+ ne remplace pas les fondamentaux. Un sommeil régulier de 7-8 heures, une activité physique 3 à 5 fois par semaine, une alimentation riche en végétaux et en protéines de qualité, une gestion active du stress restent les leviers les plus puissants sur l'énergie de fond. Aucun complément n'a démontré pouvoir s'y substituer. Ceux qui vous vendent une "solution miracle contre la fatigue en une gélule" ne vous respectent pas.

Deux, le NAD+ ne remplace pas un diagnostic médical. Si votre fatigue s'accompagne de perte de poids inexpliquée, de troubles du sommeil marqués, d'un moral qui chute durablement, de sueurs nocturnes, de palpitations, de troubles digestifs persistants, un bilan médical est prioritaire. Ces signes peuvent trahir une pathologie qui n'a pas sa réponse dans un complément alimentaire, et qui a besoin d'un vrai diagnostic pour être prise en charge correctement.

Dit autrement : le NAD+ prend son sens quand vous avez déjà mis en place les leviers d'hygiène de vie, et écarté les causes médicales identifiables. C'est un soutien du terrain énergétique, pas une réponse universelle à la fatigue.

Cette philosophie du soutien global plutôt que de la molécule miracle est au cœur de l'approche que nous détaillons dans l'article sur les bienfaits du NAD+. Elle guide la conception de notre formule.

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Notre formule NAD+ a été construite dans cette logique : soutenir le pilier mitochondrial de l'énergie cellulaire, en cohérence avec les protocoles cliniques de référence, en supplément d'une hygiène de vie qui fait le reste du travail. Ce n'est pas une réponse à la fatigue chronique, c'est un des leviers d'une stratégie globale de vitalité.

Quand consulter un médecin

Certains signes doivent orienter vers une consultation médicale avant tout, plutôt que vers la supplémentation.

Parlez-en à votre médecin si...

→ La fatigue s'aggrave malgré 3-4 semaines de meilleur sommeil et d'activité physique

→ Elle s'accompagne d'une perte de poids inexpliquée ou d'une prise de poids soudaine

→ Vous ressentez des sueurs nocturnes, des palpitations, un essoufflement inhabituel

→ Vous avez une baisse de moral persistante, une perte d'intérêt pour ce qui vous plaisait

→ Vous avez des cheveux ou des ongles cassants, une peau sèche inhabituelle (signes thyroïdiens)

→ Vous avez des troubles du sommeil sévères (ronflements bruyants, pauses respiratoires)

→ Vous avez plus de 45 ans et n'avez pas fait de bilan biologique depuis 2-3 ans

Un bilan biologique simple (numération, ferritine, TSH, vitamine D, vitamine B12, glycémie, bilan lipidique) permet d'identifier la majorité des causes traitables de fatigue chronique. C'est un investissement de temps et d'argent modéré, avec un retour potentiellement majeur. Aucun complément ne remplace cette démarche.

Précaution

Le NAD+ n'est pas indiqué pendant la grossesse, l'allaitement, ni chez les enfants. En cas de traitement médicamenteux quotidien, de pathologie chronique ou d'antécédent oncologique, un avis médical préalable est recommandé. Pour le détail des contre-indications, consultez l'article sur les dangers et effets secondaires du NAD+.

Questions fréquentes

Le NAD+ est-il un stimulant comme la caféine ?

Non. La caféine agit rapidement sur le système nerveux central en bloquant les récepteurs à l'adénosine. Elle produit un effet stimulant transitoire et une redescente. Le NAD+, lui, agit sur la production d'énergie cellulaire elle-même via les mitochondries. L'effet ressenti n'est pas un coup de fouet, mais une amélioration progressive de l'énergie de fond sur plusieurs semaines. C'est une différence de nature, pas de dose.

Combien de temps avant de sentir un effet sur la fatigue ?

Les études cliniques sur le NR montrent une élévation du NAD+ sanguin dans les jours qui suivent la première prise. Les effets ressentis sur l'énergie apparaissent typiquement entre 2 et 4 semaines de prise régulière. Les bénéfices plus larges sur la vitalité de fond s'installent sur 6 à 12 semaines. Pour une évaluation honnête, il faut compter 3 mois de cure régulière avant de tirer une conclusion personnelle.

Peut-on prendre le NAD+ pour une fatigue post-COVID ?

Un essai clinique conduit à Boston et publié en 2025 a évalué le NR à haute dose (2000 mg/jour) pendant 24 semaines chez des adultes souffrant de long COVID. Les résultats préliminaires suggèrent une amélioration de l'élévation du NAD+ et de certains symptômes, mais les données complètes sont encore en cours d'analyse. Pour la fatigue post-virale en général, la démarche cohérente reste la même : hygiène de vie, bilan médical si nécessaire, et supplémentation en soutien du terrain, jamais comme seule stratégie.

Est-ce compatible avec un burn-out ?

Le burn-out est un syndrome clinique qui nécessite une prise en charge globale : arrêt de la surcharge, accompagnement psychologique, réorganisation de la vie professionnelle, parfois un traitement médical. Un complément alimentaire n'a pas sa place comme réponse principale. Il peut s'inscrire dans un plan de rétablissement plus large, une fois les fondamentaux mis en place, et toujours avec l'accord du médecin qui vous suit.

Que penser de la nicotinamide (vitamine B3) qu'on trouve moins cher ?

La nicotinamide et le nicotinamide riboside sont deux formes différentes de la vitamine B3. La première élève aussi le NAD+ mais moins efficacement, avec plus d'étapes métaboliques et un profil pharmacocinétique moins favorable. Le NR est aujourd'hui la forme la mieux documentée chez l'humain pour une élévation ciblée du NAD+, ce qui justifie son coût supérieur.

Sources

Dellinger R. W. et al. (2017). Repeat dose NRPT increases NAD+ levels in humans safely and sustainably. npj Aging and Mechanisms of Disease, 3, 17.

Elhassan Y. S., Kluckova K., Fletcher R. S. et al. (2019). Nicotinamide Riboside Augments the Aged Human Skeletal Muscle NAD+ Metabolome. Cell Reports, 28(7), 1717-1728.

Hammers D. W. et al. (2024). Nicotinamide riboside for peripheral artery disease : the NICE randomized clinical trial. Nature Communications.

Ikizler T. A. et al. (2024). Randomized Crossover Clinical Trial of Nicotinamide Riboside and Coenzyme Q10 on Metabolic Health and Mitochondrial Bioenergetics in CKD. JCI Insight.

Brakedal B. et al. (2022). The NADPARK study : A randomized phase I trial of nicotinamide riboside supplementation in Parkinson's disease. Cell Metabolism, 34(3), 396-407.

Règlement (UE) n° 432/2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires (Vitamine B3, contribution à la réduction de la fatigue).

Jean-Christophe gadrat

Jean-Christophe gadrat

Fondateur de SIHO

J'explore depuis des années la recherche en longévité, en combinant découvertes scientifiques, micronutrition et compréhension des mécanismes du vieillissement. Ma conviction : la science est un moyen de mieux comprendre le corps pour continuer à profiter de la vie.

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