NAD+ et sport : récupération et longévité active

NAD pour le sport et la récupération
Jean-Christophe gadrat

Jean-Christophe gadrat · Fondateur de SIHO

Publié le 19/07/2026

En bref

Le NAD+ n'est pas un stimulant de performance. Aucune étude clinique n'a démontré qu'il améliore la puissance maximale, la VO2 max ou les records personnels. Ce n'est pas un ergogène. En revanche, il agit sur le terrain biologique qui rend la pratique sportive durable dans le temps : la fonction mitochondriale musculaire, la qualité de la récupération inter-séances, la préservation de la masse maigre après 40 ans, la modulation de l'inflammation chronique de bas grade liée à la charge d'entraînement. C'est une différence de nature. Il n'aide pas à courir plus vite. Il aide à courir plus longtemps dans la vie.

La communauté sportive est particulièrement exposée aux promesses commerciales des compléments alimentaires. Le NAD+ n'échappe pas à cette tendance, avec des messages qui suggèrent parfois une amélioration de performance, une accélération de la récupération, une préservation de la masse musculaire. La réalité est plus nuancée, et plus intéressante.

Cet article fait le point sur ce que la recherche documente vraiment pour l'adulte pratiquant du sport avec régularité, du simple pratiquant loisir au sportif entraîné. Si vous découvrez le NAD+, lisez d'abord l'article qui explique ce qu'est le NAD+.

Pourquoi le NAD+ n'est pas un ergogène

Un ergogène est une substance qui améliore directement la performance physique. La caféine est un ergogène étudié depuis des décennies : elle améliore l'endurance, réduit la perception de l'effort, augmente légèrement la puissance produite. La créatine est un ergogène : elle augmente la puissance sur les efforts brefs et répétés, et favorise la synthèse musculaire.

Le NAD+ ne rentre pas dans cette catégorie. Plusieurs essais cliniques l'ont vérifié.

L'étude Kourtzidis (2016) a évalué 12 semaines de nicotinamide riboside chez des athlètes d'endurance et n'a pas montré d'amélioration de la VO2 max, du seuil ventilatoire, ni des paramètres de puissance mesurés en cyclo-ergomètre. Un essai croisé de 12 semaines chez 30 sujets sains prenant 1200 mg de NR par jour n'a pas modifié la dépense énergétique totale, la composition corporelle, ni la capacité d'exercice maximale.

L'étude CoNR (Ikizler 2024, JCI Insight) chez des patients insuffisants rénaux modérés a documenté qu'après six semaines de NR à 1000 mg/jour, il n'y avait pas d'amélioration significative de la VO2 peak ou du travail total sur cycloergomètre. La conclusion des auteurs est claire : le NR améliore des marqueurs biologiques de la fonction mitochondriale, sans se traduire par un gain de performance aérobie maximale.

Ces résultats sont cohérents. Ils ne signifient pas que le NAD+ est inutile pour le sportif. Ils signifient qu'il ne faut pas en attendre un gain immédiat de performance mesurable sur les critères classiques d'évaluation de la condition physique.

Où le NAD+ agit dans le cycle effort-récupération

La pratique sportive se décompose en trois phases biologiques successives, qui n'ont pas les mêmes exigences énergétiques et régulatrices.

Le NAD+ dans le cycle effort-récupération

PHASE 1 Effort Consommation ATP Puissance, endurance PHASE 2 Récupération Reconstitution ATP Inflammation post-effort PHASE 3 Adaptation Biogenèse mitochondriale Remodelage musculaire NAD+ agit principalement ici CYCLE BIOLOGIQUE DE LA SÉANCE niveau d'énergie Ergogènes classiques : caféine, créatine Terrain de longévité sportive documenté

Les ergogènes classiques agissent pendant l'effort. Le NAD+ agit après, dans les phases de récupération et d'adaptation, sur le terrain qui rend la pratique sportive durable dans le temps.

Phase 1 : l'effort. Pendant la séance, le muscle consomme de l'ATP à un rythme élevé. Cette consommation dépend de la puissance produite et de la durée. Les paramètres qui déterminent la performance à cet instant sont la puissance mitochondriale maximale, la disponibilité en substrats (glucose, glycogène, acides gras), et les paramètres neuromusculaires. C'est là qu'agissent les ergogènes classiques : caféine, créatine, nitrates, bêta-alanine. Le NAD+ n'y intervient pas de façon directe et perceptible.

Phase 2 : la récupération. Après l'effort, le muscle doit reconstituer ses réserves énergétiques, réparer les micro-lésions induites par la contraction, gérer l'inflammation post-effort, et se préparer à la séance suivante. C'est une phase énergivore qui mobilise fortement les mitochondries et les enzymes de réparation cellulaire, dont plusieurs dépendent du NAD+. Une meilleure disponibilité en NAD+ peut soutenir la qualité de cette récupération.

Phase 3 : l'adaptation à long terme. Les entraînements répétés produisent des adaptations biologiques cumulatives : biogenèse mitochondriale, remodelage musculaire, amélioration de la sensibilité insulinique, renforcement du système antioxydant endogène. Ces adaptations dépendent de plusieurs voies de signalisation, dont plusieurs impliquent les sirtuines et donc le NAD+. C'est probablement la phase où le soutien en précurseur du NAD+ a le plus d'intérêt chez le sportif régulier.

Le NAD+ agit donc dans la seconde moitié du cycle, pas dans l'effort lui-même. C'est ce qui explique pourquoi il n'apparaît pas dans les tests de performance aiguë mais peut avoir un intérêt sur la durabilité de la pratique.

Ce que la recherche montre chez le muscle

L'étude Elhassan (2019) publiée dans Cell Reports reste la référence sur l'action du NR sur le muscle humain. Elle mérite d'être détaillée.

Elhassan et al. (2019), Cell Reports

12 hommes âgés en bonne santé, supplémentation en nicotinamide riboside pendant 21 jours.

Biopsies musculaires avant et après supplémentation, analyse du NAD+ intramusculaire et du transcriptome.

Résultats : élévation significative du NAD+ dans le muscle squelettique, activation des voies métaboliques mitochondriales, signature transcriptomique anti-inflammatoire dans le muscle.

Cette étude est importante parce qu'elle démontre que le NR atteint effectivement le tissu cible et modifie sa biologie. Aucun effet direct sur la performance n'a été mesuré, ce n'était pas le critère principal.

Ce qui compte dans cette étude, ce n'est pas ce qu'elle mesure de la performance (elle ne le mesure pas), c'est ce qu'elle documente sur le tissu musculaire lui-même. Le NR fait effectivement remonter le NAD+ dans le muscle, et il modifie le fonctionnement biologique de ce tissu dans un sens cohérent avec un meilleur fonctionnement mitochondrial. C'est une base biologique solide pour un usage sportif orienté récupération et adaptation à long terme.

D'autres études précliniques (chez la souris) ont montré que le NR augmente l'endurance sur tapis de course, protège de la sarcopénie liée à l'âge, et améliore la fonction musculaire dans les modèles de myopathie. Ces résultats animaux sont encourageants sans se transposer mécaniquement à l'humain sportif entraîné.

La récupération inter-séances

C'est probablement le champ d'application le plus pertinent pour le sportif régulier. La récupération inter-séances mobilise plusieurs processus biologiques : reconstitution des réserves de glycogène, réparation des micro-lésions musculaires, gestion de l'inflammation post-effort, et retour à l'homéostasie du système nerveux autonome.

Le NAD+ intervient à plusieurs niveaux dans ces processus.

La réparation des dommages cellulaires post-effort. Les contractions musculaires intenses génèrent des micro-lésions du sarcolemme et des filaments contractiles. Les enzymes PARPs, qui utilisent le NAD+ comme substrat, participent à la réparation de ces dommages, en particulier au niveau de l'ADN musculaire. Une meilleure disponibilité en NAD+ soutient cette capacité de réparation.

La gestion de l'inflammation post-effort. Toute séance intense provoque une inflammation locale et systémique transitoire, nécessaire à l'adaptation mais parfois excessive. La signature anti-inflammatoire musculaire observée par Elhassan suggère que le NR module cette inflammation dans un sens favorable. C'est cohérent avec les études sur d'autres populations (Brakedal 2022 sur la maladie de Parkinson, avec réduction des cytokines inflammatoires).

Le retour à l'équilibre énergétique cellulaire. La production d'ATP nécessaire à la reconstitution des réserves musculaires bénéficie d'une meilleure disponibilité en NAD+. Ce n'est pas un effet perceptible immédiatement, mais il s'inscrit dans la qualité globale de la récupération.

Concrètement, les sportifs qui prennent du NAD+ en soutien rapportent souvent une amélioration ressentie de la fraîcheur en début de séance, moins de fatigue accumulée sur les semaines chargées, et une récupération subjective plus rapide. Ces ressentis ne sont pas systématiquement confirmés par des études contrôlées, mais ils vont dans le même sens que les mécanismes biologiques documentés.

Le cas particulier des sportifs après 40 ans

La pratique sportive régulière au-delà de 40 ans (masters, athlètes vétérans, sportifs de longévité) constitue probablement le profil pour lequel le NAD+ a l'intérêt le plus documenté.

Trois réalités biologiques convergent à cet âge.

Un, la baisse structurelle du NAD+ intracellulaire. Elle s'accélère à partir de la quarantaine et touche particulièrement le muscle squelettique. Le sportif entraîné maintient une meilleure fonction mitochondriale qu'un sédentaire du même âge, mais il n'échappe pas à cette baisse.

Deux, l'allongement des temps de récupération. C'est une observation constante chez le sportif master : la même séance nécessite plus de temps de récupération à 45 ans qu'à 30 ans. La qualité de la fonction mitochondriale et de la réparation cellulaire est en jeu, et le NAD+ intervient sur les deux.

Trois, l'accélération de la perte de masse maigre après 40 ans. Le processus de sarcopénie commence discrètement à cet âge et s'accélère par la suite. La pratique de la musculation ralentit fortement ce processus, et un soutien de la fonction mitochondriale musculaire s'inscrit dans la même logique préventive.

Pour ce profil, l'association de la supplémentation en précurseur du NAD+ avec une pratique sportive régulière et une nutrition adaptée constitue une stratégie cohérente de longévité fonctionnelle. L'objectif n'est plus de battre son record personnel, mais de préserver le plus longtemps possible sa capacité à pratiquer, à récupérer, à s'adapter.

Intégrer le NAD+ dans une routine sportive

La logique d'intégration reste simple.

Moment de prise. Le matin, avec le petit-déjeuner. Cette prise matinale est indépendante du moment des séances, qu'elles aient lieu le matin, le midi ou le soir. Pour les détails sur le timing, voir l'article dédié.

Prise avant ou après séance. Aucune indication de prise péri-entraînement, contrairement aux ergogènes classiques. Le NAD+ ne se prend pas "juste avant la séance" pour améliorer la performance, ni "juste après" pour accélérer la récupération immédiate. Il agit sur des délais de plusieurs semaines et des mécanismes de fond.

Durée d'une cure. Trois mois minimum pour une première évaluation honnête. Les adaptations mitochondriales et les modifications transcriptomiques mesurées dans les études prennent plusieurs semaines à s'installer. Une prise ponctuelle avant une compétition n'a pas d'intérêt documenté.

Association avec d'autres actifs. Le NAD+ est compatible avec les compléments courants du sportif : magnésium, vitamine D, oméga-3, protéines en poudre, créatine, bêta-alanine. Aucune interaction défavorable n'est documentée. Pour la synergie spécifique avec le shilajit sur la fonction mitochondriale, voir l'article dédié.

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Précurseur NAD+ à base de nicotinamide riboside (NR), associé à la triméthylglycine (TMG) et aux vitamines B2 et B3. Pensé pour le sportif orienté longévité qui cherche à préserver son terrain mitochondrial dans la durée, pas comme ergogène de performance. 60 gélules végétales, 2 gélules le matin, cure recommandée de 3 mois. Conçu à Saint-Malo, contrôlé en laboratoire indépendant.

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Notre formule NAD+ ne se présente pas comme un supplément de performance. Elle s'adresse au sportif adulte, en particulier après 35-40 ans, qui inscrit sa pratique dans une logique de longévité fonctionnelle plutôt que de recherche de record. C'est un choix éditorial assumé, aligné sur ce que les données cliniques permettent honnêtement de revendiquer.

Précaution

Le NAD+ n'est pas indiqué pendant la grossesse, l'allaitement, ni chez les enfants. Les sportifs sous contrôle antidopage doivent vérifier la conformité de leur supplémentation avec les listes de l'Agence mondiale antidopage (AMA) : le nicotinamide riboside n'est pas sur la liste des substances interdites à ce jour, mais toute supplémentation en compétition doit être discutée avec le staff médical. Pour les autres contre-indications, consultez l'article sur les dangers et effets secondaires du NAD+.

Questions fréquentes

Le NAD+ améliore-t-il la VO2 max ?

Non. Plusieurs essais cliniques (Kourtzidis 2016, CoNR 2024, essais chez adultes sains) n'ont pas montré d'amélioration significative de la VO2 max ou de la puissance aérobie maximale après supplémentation en nicotinamide riboside. Ceux qui cherchent une amélioration de leurs paramètres de puissance ne trouveront pas d'effet documenté dans le NAD+.

Puis-je remplacer la créatine par le NAD+ ?

Non, ce sont deux actifs différents. La créatine est un ergogène documenté qui améliore la puissance sur les efforts brefs et répétés et favorise la synthèse musculaire. Le NAD+ agit sur le terrain mitochondrial et la récupération à long terme. Ils sont compatibles et complémentaires, mais ils ne se substituent pas l'un à l'autre.

Combien de temps avant de sentir un effet sur la récupération ?

Les études cliniques sur la fonction musculaire (Elhassan 2019) ont observé des modifications biologiques à 21 jours. Les sportifs qui rapportent des ressentis positifs les décrivent généralement entre 3 et 8 semaines. Pour une évaluation honnête, il faut compter 3 mois de prise régulière avant de conclure sur l'effet ressenti.

Le NAD+ est-il sur la liste des substances dopantes ?

Non, à ce jour le nicotinamide riboside n'est pas sur la liste des substances interdites de l'Agence mondiale antidopage. C'est une vitamine (forme spécifique de la B3) et un précurseur d'une coenzyme naturellement présente dans l'organisme. Toute supplémentation en compétition reste à discuter avec le staff médical.

Est-ce utile pour un débutant en musculation ?

Le débutant en musculation obtient ses meilleurs gains grâce à la régularité de l'entraînement, à un apport protéique suffisant (1,2 à 1,6 g/kg/jour) et à un sommeil de qualité. Le NAD+ n'accélère pas la prise de masse musculaire chez le débutant. Il prend son intérêt principalement chez le sportif après 35-40 ans qui souhaite préserver sa fonction musculaire dans la durée. Un débutant jeune n'en a pas nécessairement besoin.

Sources

Elhassan Y. S., Kluckova K., Fletcher R. S. et al. (2019). Nicotinamide Riboside Augments the Aged Human Skeletal Muscle NAD+ Metabolome. Cell Reports, 28(7), 1717-1728.

Kourtzidis I. A. et al. (2016). The NAD+ precursor nicotinamide riboside decreases exercise performance in rats. Journal of the International Society of Sports Nutrition, 13, 32.

Ikizler T. A. et al. (2024). Randomized Crossover Clinical Trial of Nicotinamide Riboside and Coenzyme Q10 on Metabolic Health and Mitochondrial Bioenergetics in CKD. JCI Insight.

Dellinger R. W. et al. (2017). Repeat dose NRPT increases NAD+ levels in humans safely and sustainably. npj Aging and Mechanisms of Disease, 3, 17.

Martens C. R., Denman B. A., Mazzo M. R. et al. (2018). Chronic nicotinamide riboside supplementation is well-tolerated and elevates NAD+ in healthy middle-aged and older adults. Nature Communications, 9(1), 1286.

Agence mondiale antidopage (2025). Liste des interdictions. WADA.

Jean-Christophe gadrat

Jean-Christophe gadrat

Fondateur de SIHO

J'explore depuis des années la recherche en longévité, en combinant découvertes scientifiques, micronutrition et compréhension des mécanismes du vieillissement. Ma conviction : la science est un moyen de mieux comprendre le corps pour continuer à profiter de la vie.

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