En bref
Le shilajit ne guérit pas le cancer. En revanche, la recherche préclinique (9 études compilées dans une revue systématique en 2025) montre une cytotoxicité sélective sur plusieurs types de cellules cancéreuses, avec des mécanismes identifiés : induction de l'apoptose, arrêt du cycle cellulaire, inhibition de la migration tumorale. Aucun essai clinique humain n'existe à ce jour.
Quand on tape "shilajit cancer" dans un moteur de recherche, on tombe sur deux extrêmes. D'un côté, des sites qui présentent le shilajit comme un remède anticancéreux. De l'autre, des mises en garde qui balaient tout d'un revers de main. La réalité se situe entre les deux, et elle mérite d'être exposée avec précision.
Parmi les bienfaits du shilajit documentés par la recherche, l'effet anticancéreux n'en fait pas partie. Le shilajit ne guérit pas le cancer. Aucune étude clinique humaine n'a démontré une efficacité thérapeutique contre une tumeur. En revanche, la recherche préclinique (sur des cellules en culture et sur des modèles animaux) a produit des résultats qui intéressent la communauté scientifique. Voici ce qu'on sait, ce qu'on ne sait pas encore, et ce que ça veut dire pour vous.
La revue systématique de 2025 : l'état de l'art
En 2025, une revue systématique publiée dans Cureus a compilé l'ensemble des études précliniques sur le shilajit et le cancer. Les auteurs ont identifié neuf études éligibles : huit études in vitro (sur des cellules cancéreuses en laboratoire) et une étude in vivo (sur un modèle animal d'ostéosarcome). Aucune étude clinique humaine n'existait.
Les résultats, malgré des méthodologies variées, convergent sur plusieurs points. Le shilajit a montré une cytotoxicité dose-dépendante sur des lignées cellulaires de cancer du sein, du poumon, du foie, de l'ovaire, du col de l'utérus, du côlon, de la vessie et de la cavité buccale. Les concentrations inhibitrices médianes (IC₅₀) variaient de 31 à 1 103 µg/mL selon le type de cancer et la préparation de shilajit utilisée.
À retenir
La revue systématique de 2025 (Cureus) a compilé 9 études précliniques sur le shilajit et le cancer :
8 études in vitro + 1 étude in vivo (ostéosarcome)
Cytotoxicité dose-dépendante sur 8 types de cancer
Sélectivité observée : cellules cancéreuses touchées, cellules normales épargnées
Aucune étude clinique humaine n'existe à ce jour. Ces résultats sont des pistes de recherche.
Un point mérite d'être souligné : dans plusieurs de ces études, le shilajit a montré une sélectivité envers les cellules cancéreuses. Autrement dit, à des concentrations qui détruisaient les cellules tumorales, les cellules normales restaient relativement épargnées. C'est une propriété que les chercheurs en oncologie recherchent activement, parce que la chimiothérapie classique manque souvent de cette sélectivité.
Les mécanismes identifiés : comment le shilajit agit sur les cellules cancéreuses
La revue de 2025 a identifié quatre mécanismes d'action principaux.
L'induction de l'apoptose
L'apoptose, c'est la mort cellulaire programmée. C'est le processus par lequel l'organisme élimine les cellules endommagées ou devenues anormales. Dans les cellules cancéreuses, ce programme est souvent désactivé : les cellules refusent de mourir et continuent de proliférer.
Pant et al. (2016) ont montré que le shilajit réactivait l'apoptose dans des cellules de cancer hépatique. Le mécanisme passait par la génération d'espèces réactives de l'oxygène (ROS) : le shilajit augmentait le stress oxydatif spécifiquement dans les cellules cancéreuses, ce qui déclenchait leur auto-destruction. Dans les cellules de cancer du sein, Rahmani Barouji et al. (2021) ont observé une augmentation de l'expression de la E-cadhérine (protéine qui maintient la cohésion cellulaire) et une diminution de facteurs comme TGF-β1 et TWIST1, impliqués dans la transition épithélio-mésenchymateuse (EMT), le processus par lequel les cellules cancéreuses deviennent migratrices et invasives.
En clair
La transition épithélio-mésenchymateuse (EMT), c'est le moment où une cellule cancéreuse se détache de sa tumeur d'origine pour voyager dans le corps et former des métastases. Le shilajit semble maintenir les "attaches" entre cellules (la E-cadhérine) et freiner les signaux qui déclenchent ce départ.
En d'autres termes, le shilajit semble freiner deux capacités des cellules cancéreuses : leur survie et leur capacité à se déplacer.
L'inhibition de la voie NF-κB
La voie NF-κB est un système de signalisation intracellulaire qui, lorsqu'il est suractivé dans les cellules cancéreuses, favorise la survie tumorale, l'inflammation pro-cancéreuse et la résistance aux traitements. Le shilajit a montré une capacité à inhiber cette voie dans certaines lignées cellulaires, ce qui prive les cellules cancéreuses d'un de leurs mécanismes de survie.
En clair
NF-κB, c'est un interrupteur de survie que les cellules cancéreuses laissent allumé en permanence. Tant qu'il est allumé, elles résistent aux traitements et continuent de se multiplier. Le shilajit semble capable d'éteindre cet interrupteur, ce qui rend les cellules tumorales à nouveau vulnérables.
L'arrêt du cycle cellulaire
Kloskowski et al. (2021) ont montré que le shilajit induisait un arrêt du cycle cellulaire en phase G0/G1 ou S dans des cellules de cancer de la vessie. Quand une cellule cancéreuse est bloquée dans son cycle de division, elle ne peut plus proliférer. Ce blocage était nettement plus marqué dans les cellules cancéreuses que dans les cellules urothéliales normales, confirmant la sélectivité.
En clair
Une cellule cancéreuse se divise en boucle, comme une photocopieuse bloquée sur "imprimer". Les phases G0/G1 et S sont des étapes obligatoires de ce cycle de copie. Bloquer la cellule à l'une de ces étapes, c'est mettre la photocopieuse en pause : elle ne peut plus produire de copies d'elle-même.
La suppression de la migration cellulaire
Alqarni et al. (2025) ont démontré que le shilajit réduisait la migration des cellules de cancer buccal en ciblant le système uPA/uPAR (urokinase-type plasminogen activator et son récepteur), une voie impliquée dans la dégradation de la matrice extracellulaire et la dissémination tumorale. Le shilajit a aussi modulé l'expression de chimiokines qui gouvernent le comportement migratoire des cellules cancéreuses.
L'étude in vivo : potentialisation de la chimiothérapie dans l'ostéosarcome
La seule étude animale identifiée par la revue systématique est celle de Jambi et AlShubaily (2022). Des rats atteints d'ostéosarcome ont reçu un cocktail de chimiothérapie (cyclophosphamide, méthotrexate, 5-FU) avec ou sans shilajit. Le groupe recevant le shilajit en complément de la chimio a montré une normalisation des marqueurs hépatiques et rénaux, et une réduction des dommages histopathologiques dans le foie et les reins par rapport au groupe chimio seule.
Ce résultat ouvre une piste intéressante : le shilajit pourrait non pas remplacer la chimiothérapie, mais en atténuer les effets secondaires sur les organes sains tout en en potentialisant l'efficacité. C'est un profil complémentaire, pas substitutif.
La protection contre les dommages radio-induits
Un travail distinct (Eröz et al., 2015) a évalué l'effet du shilajit sur les ovaires de rates soumises à une irradiation, un protocole qui mime les effets secondaires de la radiothérapie sur les organes reproducteurs. Le shilajit a réduit l'expression de p53, Bax et caspase-3 dans le tissu ovarien irradié, freinant ainsi la cascade apoptotique déclenchée par les radiations. Les follicules primordiaux, les plus sensibles aux dommages radiques, étaient mieux préservés dans le groupe traité.
C'est une application différente de la recherche oncologique directe, mais elle rejoint la même logique : le shilajit protège les tissus sains des dommages collatéraux causés par les traitements anticancéreux.
Ce que ces résultats ne permettent pas de conclure
La transparence oblige à poser les limites.
Toutes ces études sont précliniques. In vitro signifie que les résultats ont été obtenus sur des cellules en boîte de Petri, dans des conditions qui ne reflètent pas la complexité du corps humain. La vascularisation tumorale, le système immunitaire, les interactions médicamenteuses, la pharmacocinétique réelle du shilajit : rien de tout cela n'est pris en compte.
La revue systématique de 2025 le dit clairement : il existe une hétérogénéité importante dans les sources de shilajit, les méthodes d'extraction, les concentrations testées et les critères de mesure. Tant qu'il n'y a pas de formulation standardisée et d'essais cliniques contrôlés chez l'humain, on ne peut pas parler d'efficacité thérapeutique contre le cancer.
Ce qu'on peut dire, c'est que le shilajit montre un profil multi-cibles dans les modèles expérimentaux : il active l'apoptose, bloque des voies de survie tumorale, freine la migration cellulaire, et protège les organes sains pendant la chimiothérapie. C'est un profil suffisamment cohérent pour justifier la poursuite de la recherche. Pas suffisant pour recommander le shilajit comme traitement du cancer.
La dimension systémique : pourquoi la recherche fondamentale compte quand même
Même sans preuve clinique directe, ces travaux éclairent la biologie du shilajit de manière utile. Les mécanismes identifiés (réduction de l'inflammation chronique, modulation du stress oxydatif, soutien des systèmes de réparation cellulaire) sont les mêmes qui sous-tendent ses effets documentés sur le cholestérol, la glycémie et la fonction vasculaire.
L'inflammation chronique de bas grade, le stress oxydatif cumulé, la dysfonction mitochondriale : ce sont les terrains biologiques sur lesquels les maladies métaboliques et certains cancers se développent. Ce sont aussi, et c'est le point important ici, les mécanismes centraux du vieillissement biologique que l'on détaille dans notre article sur le shilajit et le vieillissement. La sénescence cellulaire, l'accumulation de cellules endommagées que le corps ne parvient plus à éliminer, la dégradation progressive des systèmes de réparation de l'ADN : tout cela s'accélère quand l'inflammation et l'oxydation ne sont plus contrôlées. Agir sur ces terrains, c'est prendre soin de sa biologie fondamentale, pas seulement dans une logique de prévention oncologique, mais dans une logique de longévité cellulaire. C'est précisément l'objectif du SIHO Effect : soutenir les capacités naturelles du corps à se protéger et à se réparer, pas promettre un résultat sur une pathologie.
Précaution
Si vous êtes en traitement pour un cancer, ne prenez aucun complément sans en parler à votre oncologue. Les interactions avec la chimiothérapie ou la radiothérapie sont possibles.
Le shilajit n'est pas un traitement anticancéreux. Les résultats actuels sont exclusivement précliniques et ne permettent aucune recommandation thérapeutique.
Parlez-en à votre médecin si...
→ Vous êtes en cours de chimiothérapie ou de radiothérapie
→ Vous êtes en rémission et vous souhaitez ajouter un complément
→ Vous prenez des immunosuppresseurs ou un traitement ciblé
Si vous êtes en traitement pour un cancer, parlez à votre oncologue avant d'ajouter quelque complément que ce soit. Notre article sur les dangers et effets secondaires du shilajit fait le point sur les précautions connues. Le shilajit n'est pas un traitement anticancéreux. C'est une substance dont la recherche fondamentale révèle progressivement les mécanismes d'action, et dont le potentiel complémentaire reste à confirmer chez l'humain.
Questions fréquentes
Le shilajit peut-il guérir le cancer ?
Non. Aucune étude clinique humaine n'a démontré d'efficacité thérapeutique. Les résultats actuels sont exclusivement précliniques (cellules en laboratoire et modèles animaux).
Le shilajit peut-il être pris pendant une chimiothérapie ?
Une étude animale (Jambi et al., 2022) suggère un effet protecteur sur les reins et le foie pendant la chimio, sans diminuer son efficacité. Mais aucune validation humaine n'existe. Parlez-en impérativement à votre oncologue.
Pourquoi parler du shilajit et du cancer si ce n'est pas un traitement ?
Parce que les mécanismes précliniques identifiés (réduction de l'inflammation, modulation du stress oxydatif, soutien des systèmes de réparation cellulaire) éclairent la biologie du shilajit. Comprendre comment il agit sur les cellules aide à comprendre ses effets documentés sur le métabolisme.
Sources
Revue systématique Cureus (2025). Pre-clinical Evaluation of Shilajit in Cancer: A Systematic Review.
Pant K. et al. (2016). Mineral pitch induces apoptosis and inhibits proliferation via modulating reactive oxygen species in hepatic cancer cells. BMC Complementary and Alternative Medicine.
Rahmani Barouji S. et al. (2021). Mummy induces apoptosis through inhibiting of epithelial-mesenchymal transition (EMT) in human breast cancer cells. Galen Medical Journal.
Kloskowski T. et al. (2021). Effects of Mumio in urinary bladder cancer. (cité dans la revue systématique 2025).
Alqarni A. et al. (2025). Shilajit (Mumio) Elicits Apoptosis and Suppresses Cell Migration in Oral Cancer Cells. SAGE.
Jambi E.J. & AlShubaily F. (2022). Shilajit potentiates the effect of chemotherapeutic drugs and mitigates metastasis induced liver and kidney damages in osteosarcoma rats. Saudi Journal of Biological Sciences.
Eröz R. et al. (2015). Evaluation of preventive effect of shilajit on radiation-induced apoptosis on ovaries. Iranian Journal of Basic Medical Sciences.
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J'explore depuis des années la recherche en longévité, en combinant découvertes scientifiques, micronutrition et compréhension des mécanismes du vieillissement. Ma conviction : la science est un moyen de mieux comprendre le corps pour continuer à profiter de la vie.







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