Le shilajit est-il bon ou mauvais pour les reins ?

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Jean-Christophe gadrat

Jean-Christophe gadrat · Fondateur de SIHO

Publié le 27/03/2026

En bref

Le shilajit a montré un effet néphroprotecteur dans des modèles animaux exposés à des agents de chimiothérapie. Il préserve les sirtuines rénales, réduit le stress oxydatif et maintient les marqueurs de fonction rénale. En revanche, il ne répare pas un rein déjà gravement atteint, et les personnes souffrant d'insuffisance rénale chronique doivent consulter leur néphrologue avant toute prise.

Vos reins filtrent environ 180 litres de sang par jour. Ils extraient les déchets, régulent les électrolytes, maintiennent l'équilibre hydrique, participent au contrôle de la pression artérielle. Ce sont des organes discrets et endurants, mais pas invulnérables. Le stress oxydatif, certains médicaments, le diabète, l'hypertension : tout ce qui abîme les vaisseaux finit par toucher les reins.

Parmi les bienfaits du shilajit étudiés par la recherche, la relation avec la santé rénale est l'une des plus nuancées. Les études montrent un potentiel protecteur réel, mais aussi des limites claires. C'est un sujet qui mérite d'être abordé sans raccourci.

Ce que les études montrent : un effet néphroprotecteur dans des contextes précis

La recherche sur le shilajit et les reins s'est principalement concentrée sur un scénario bien défini : la protection des reins contre les dommages causés par des agents toxiques, notamment les médicaments de chimiothérapie.

Protection contre la néphrotoxicité du cisplatine

Le cisplatine est un médicament anticancéreux puissant, mais ses effets secondaires sur les reins sont un problème clinique majeur. Une étude publiée dans l'Asian Journal of Pharmacy and Pharmacology (Pandit et al., 2018) a testé l'effet de l'extrait aqueux de shilajit sur des rats chez lesquels une néphrotoxicité avait été induite par injection de cisplatine.

Les rats traités au shilajit ont montré une amélioration des paramètres rénaux : réduction du poids rénal (signe de moindre inflammation), amélioration des taux de créatinine et d'urée sanguine, et des coupes histologiques montrant des glomérules et des tubules en meilleur état que chez les rats non traités.

Les auteurs attribuent cet effet aux propriétés antioxydantes du shilajit. Le cisplatine endommage les reins en partie par stress oxydatif : il génère des radicaux libres qui détruisent les cellules tubulaires rénales. L'acide fulvique du shilajit neutralise ces radicaux et protège les structures rénales.

Protection contre la néphrotoxicité du 5-fluorouracile (5-FU)

Une étude récente (Ozsoy et al., 2025, publiée dans PMC) a exploré un mécanisme plus précis. Les chercheurs ont induit une néphrotoxicité chez des rats avec du 5-fluorouracile (un autre agent de chimiothérapie) et ont mesuré l'effet du shilajit sur les sirtuines rénales, des enzymes qui régulent la réparation de l'ADN et la protection contre le stress oxydatif dans les cellules du rein.

Le shilajit a préservé les niveaux de SIRT2 et SIRT3 dans le tissu rénal, deux enzymes dont l'activité chute normalement sous l'effet du 5-FU. Il a aussi maintenu les niveaux de glutathion (GSH), réduit le malondialdéhyde (MDA, marqueur d'oxydation), et freiné l'activité de la caspase-3, une enzyme qui exécute la mort cellulaire programmée.

En clair

Les sirtuines, c'est l'équipe de maintenance de vos cellules rénales : elles réparent l'ADN et régulent les défenses antioxydantes. La caspase-3, c'est le bouton d'autodestruction que la cellule active quand elle est trop endommagée. Ici, le shilajit a maintenu l'équipe de maintenance active et empêché le bouton d'être pressé.

À retenir

Le shilajit a montré un effet néphroprotecteur dans les modèles animaux exposés à des agents de chimiothérapie (cisplatine, 5-FU) :

↑ Sirtuines rénales (SIRT2, SIRT3)

↑ Glutathion

↓ Malondialdéhyde et caspase-3

Créatinine sérique maintenue à des niveaux proches de la normale

Le shilajit agit en prévention et en protection, pas en réparation d'un rein déjà gravement atteint.

En maintenant la créatinine sérique à des niveaux proches de la normale, le shilajit a démontré un effet néphroprotecteur mesurable. Ce qui est intéressant dans cette étude, c'est le mécanisme : le shilajit ne se contente pas de neutraliser les radicaux libres. Il soutient les systèmes de réparation cellulaire endogènes du rein.

Potentiation de la chimio et protection rénale simultanée

Une étude sur l'ostéosarcome (Jambi et al., 2022, publiée dans Saudi Journal of Biological Sciences) a montré que le shilajit, administré en parallèle d'un cocktail de chimiothérapie (cyclophosphamide, méthotrexate, 5-FU), améliorait les marqueurs de fonction rénale et hépatique. Les taux de créatinine, d'urée et d'acide urique sont revenus à des niveaux quasi normaux chez les rats recevant le shilajit à haute dose (250 mg/kg). L'analyse histopathologique a confirmé une nette amélioration de l'architecture rénale.

Ce résultat est particulièrement intéressant parce qu'il suggère que le shilajit n'interfère pas avec l'efficacité de la chimiothérapie. Il la potentialise, tout en protégeant les organes périphériques.

Le shilajit et les calculs rénaux

Une étude sur le Karpura Shilajit (Nepal Journal of Science and Technology, 2023) a évalué son activité anti-urolithiase, c'est-à-dire sa capacité à prévenir la formation de calculs rénaux. Sur un modèle de lithiase induite par éthylène glycol chez le rat, le shilajit a augmenté le volume urinaire, modifié le pH urinaire et réduit la formation de cristaux dans les tubules rénaux.

En clair

Anti-urolithiase, ça veut dire "contre la formation de calculs". Le principe est simple : quand les sels minéraux dans l'urine sont trop concentrés, ils cristallisent et forment des cailloux. En augmentant le volume d'urine et en modifiant son acidité, le shilajit dilue ces sels et rend la cristallisation moins probable.

Les mécanismes identifiés combinent une activité anti-inflammatoire et une amélioration du flux urinaire, ce qui réduit la concentration des sels susceptibles de cristalliser.

Prévention mais pas traitement de l'insuffisance rénale aiguë

Un point d'honnêteté : une étude sur le shilajit yéménite (2022) a montré que le shilajit n'avait aucun effet thérapeutique sur une insuffisance rénale aiguë déjà installée. En revanche, lorsqu'il était administré avant l'agression rénale, il maintenait les marqueurs de fonction rénale (créatinine sérique et azote uréique sanguin) dans les valeurs normales.

La distinction est importante. Le shilajit semble agir en prévention et en protection, pas en réparation d'un rein déjà gravement atteint.

Le profil de sécurité rénale du shilajit

L'étude de Sharma et al. (2003) sur 30 volontaires sains ayant consommé 2 grammes de shilajit par jour pendant 45 jours n'a montré aucune modification de la créatinine ni de l'acide urique. Les reins n'ont présenté aucun signe de souffrance. Une étude de sécurité à long terme sur des rats (Velmurugan et al., 2012) avec des doses allant jusqu'à 5 000 mg/kg pendant 91 jours n'a révélé aucune toxicité rénale significative.

Ces données sont rassurantes pour les personnes en bonne santé rénale.

Les précautions pour les personnes atteintes de maladie rénale

C'est ici que la nuance devient indispensable. Le shilajit contient naturellement du potassium, du sodium et d'autres minéraux. Pour une personne dont les reins fonctionnent normalement, ces apports sont sans conséquence, le rein les filtre et les élimine. Mais en cas d'insuffisance rénale chronique (IRC), les reins ne parviennent plus à excréter correctement ces minéraux.

Précaution

Le shilajit contient du potassium, du sodium et d'autres minéraux. En cas d'insuffisance rénale chronique, les reins ne parviennent plus à les excréter correctement.

Ne prenez pas de shilajit si vous êtes suivi pour une maladie rénale sans en parler à votre néphrologue. Le risque principal est l'hyperkaliémie (excès de potassium sanguin).

Si vous êtes suivi pour une maladie rénale, ne prenez pas de shilajit sans en parler à votre néphrologue. Notre article sur les dangers et effets secondaires du shilajit détaille l'ensemble des précautions. Ce n'est pas parce qu'il est dangereux en soi : c'est parce que votre capacité de filtration modifie la façon dont votre corps gère ses composants.

Parlez-en à votre médecin si...

→ Vous êtes suivi pour une insuffisance rénale chronique (IRC)

→ Votre créatinine ou votre débit de filtration glomérulaire (DFG) est anormal

→ Vous suivez un régime pauvre en potassium

Le vieillissement rénal : un déclin silencieux qui commence tôt

On en parle rarement, mais les reins vieillissent. À partir de 40 ans environ, le débit de filtration glomérulaire (DFG) diminue d'environ 1% par an. Ce déclin est normal, progressif, et passe totalement inaperçu pendant des décennies. Mais il réduit la marge de manœuvre de l'organe face aux agressions : médicaments, déshydratation, pics de pression artérielle, surcharge en minéraux.

En clair

Le débit de filtration glomérulaire (DFG), c'est la vitesse à laquelle vos reins nettoient le sang. Pensez-y comme le débit d'un filtre à eau : à 30 ans, il tourne à plein régime. Chaque année après 40 ans, il perd un peu de puissance. On ne le sent pas, mais au bout de trente ans, la marge de manœuvre s'est sérieusement réduite.

Ce vieillissement rénal est accéléré par les mêmes facteurs qui abîment le reste du système cardiovasculaire : le stress oxydatif cumulé, l'inflammation chronique de bas grade, la dysfonction mitochondriale dans les cellules tubulaires rénales. Les artérioles rénales, parmi les plus fines du corps, sont particulièrement vulnérables à la rigidification vasculaire liée à l'âge. Quand elles se rigidifient, la filtration perd en efficacité.

C'est ce qui rend la dimension néphroprotectrice du shilajit intéressante dans une perspective de longévité. Le maintien des sirtuines (SIRT2, SIRT3), la réduction du stress oxydatif rénal, la préservation du glutathion : ce sont des mécanismes qui ne concernent pas seulement la protection contre un médicament toxique. Ce sont les mêmes mécanismes qui protègent les reins du vieillissement cellulaire ordinaire. Prendre soin de ses reins à 40 ans, c'est préserver la capacité de filtration dont on aura besoin à 70.

La logique systémique : pourquoi les reins sont connectés à tout le reste

Les reins ne fonctionnent pas en isolation. Leur santé dépend directement de la pression artérielle, du profil lipidique, du niveau d'inflammation et du stress oxydatif systémique. Un diabète mal contrôlé abîme les glomérules rénaux. Une hypertension chronique rigidifie les artérioles rénales. Un excès de LDL oxydé contribue à l'inflammation des tissus rénaux.

C'est la raison pour laquelle les effets du shilajit sur le cholestérol, la glycémie et les vaisseaux, détaillés dans notre article sur le shilajit et la circulation sanguine, sont indirectement bénéfiques pour les reins. Protéger les artères, c'est protéger les reins. Réduire l'oxydation systémique, c'est préserver la capacité de filtration.

Le SIHO Effect repose sur cette logique de soutien global. Les mécanismes qui protègent vos mitochondries, qui réduisent le stress oxydatif dans vos vaisseaux, qui améliorent votre profil lipidique : ces mêmes mécanismes soutiennent la fonction rénale. C'est un système, pas une somme de bénéfices isolés.

Pour les personnes en bonne santé rénale, le shilajit s'intègre dans une stratégie de préservation à long terme. Pour celles dont les reins sont fragilisés, la conversation avec un professionnel de santé est un préalable non négociable.

Questions fréquentes

Le shilajit est-il dangereux pour les reins ?

Chez les personnes en bonne santé rénale, les études de sécurité (Sharma et al., 2003 ; Velmurugan et al., 2012) ne montrent aucun signe de toxicité rénale. Le risque concerne les patients atteints d'insuffisance rénale chronique, en raison de la teneur en potassium et sodium du shilajit.

Le shilajit peut-il aider en cas de calculs rénaux ?

Une étude sur le Karpura Shilajit (Nepal Journal of Science and Technology, 2023) a montré une réduction de la formation de cristaux dans un modèle animal. Ces résultats restent préliminaires et ne constituent pas une recommandation thérapeutique.

Le shilajit protège-t-il les reins pendant une chimiothérapie ?

Plusieurs études animales montrent un effet néphroprotecteur face au cisplatine et au 5-FU. Mais aucune étude humaine n'a validé cet usage. Parlez-en à votre oncologue avant toute prise pendant un traitement anticancéreux.

Sources

Pandit S.B. et al. (2018). In vivo study of Nephroprotective potential of Shilajit by using Cisplatin induced nephrotoxicity model. Asian Journal of Pharmacy and Pharmacology.

Ozsoy M. et al. (2025). Investigation of the molecular and cellular effects of Shilajit on 5-fluorouracil-induced nephrotoxicity in rats. PMC.

Jambi E.J. & AlShubaily F. (2022). Shilajit potentiates the effect of chemotherapeutic drugs and mitigates metastasis induced liver and kidney damages in osteosarcoma rats. Saudi Journal of Biological Sciences.

Nepal Journal of Science and Technology (2023). Antiurolithiasis, Anti-Inflammatory and In Silico Docking Studies of Karpura Shilajit.

Sharma P. et al. (2003). Shilajit: evaluation of its effects on blood chemistry of normal human subjects. Ancient Science of Life.

Velmurugan C. et al. (2012). Safety study of shilajit in rats, 91-day repeated administration.

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