Le shilajit est-il bon ou mauvais pour les diabétiques ?

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Jean-Christophe gadrat

Jean-Christophe gadrat · Fondateur de SIHO

Publié le 27/03/2026

En bref

Plusieurs études humaines montrent que le shilajit réduit la glycémie à jeun (jusqu'à −24 %) et la glycémie postprandiale (−20 %) chez les diabétiques de type 2. Il agit via l'acide fulvique sur la sensibilité à l'insuline, la fonction mitochondriale et la protection des cellules bêta du pancréas.

Le diabète de type 2 ne commence pas le jour où un médecin pose le diagnostic. Il s'installe progressivement, sur des années, à mesure que les cellules deviennent moins sensibles à l'insuline. Le pancréas compense en produisant davantage d'insuline. Puis il s'épuise. La glycémie monte. Et quand elle reste durablement élevée, tout le système métabolique en subit les conséquences : les vaisseaux, les reins, les yeux, le système nerveux.

Comprendre ce processus change la façon dont on aborde le problème. Parce qu'avant d'être une maladie du sucre, le diabète de type 2 est une maladie de la résistance cellulaire. Et c'est là que les bienfaits du shilajit prennent tout leur sens.

Résistance à l'insuline : le vrai point de départ

Quand tout fonctionne normalement, l'insuline agit comme un signal : elle dit aux cellules musculaires, adipeuses et hépatiques d'absorber le glucose circulant dans le sang. C'est comme ça que la glycémie redescend après un repas.

Dans le diabète de type 2, ce signal passe de moins en moins bien. Les cellules deviennent résistantes. Le glucose reste dans le sang au lieu d'être capté et utilisé. Le pancréas produit de plus en plus d'insuline pour compenser, ce qui finit par l'épuiser. Les cellules bêta, celles qui fabriquent l'insuline, s'abîment sous l'effet du stress oxydatif et de l'inflammation chronique.

Ce mécanisme est intimement lié à la fonction mitochondriale. Les mitochondries, ces organites qui produisent l'énergie cellulaire sous forme d'ATP, jouent un rôle central dans le métabolisme du glucose. Quand elles dysfonctionnent, la cellule utilise mal le glucose, les acides gras s'accumulent, et la résistance à l'insuline s'installe. C'est un cercle vicieux largement documenté dans la littérature scientifique.

Ce que les études montrent sur le shilajit et la glycémie

Plusieurs travaux ont évalué l'effet du shilajit sur la glycémie, à la fois chez l'animal et chez l'humain. Voici les plus significatifs.

L'étude de Trivedi et al. (2004), le modèle animal de référence

Publiée dans l'Indian Journal of Pharmacology, cette étude a testé trois doses de shilajit (50, 100 et 200 mg/kg/jour) sur des rats rendus diabétiques par injection d'alloxane. Au bout de quatre semaines, les trois dosages ont produit une réduction significative de la glycémie. L'effet le plus marqué a été observé à 100 mg/kg/jour.

Ce qui rend cette étude particulièrement intéressante, c'est la deuxième partie du protocole. Les chercheurs ont combiné le shilajit (100 mg/kg) avec soit du glibenclamide (un sulfamide hypoglycémiant), soit de la metformine (le traitement de première intention du diabète de type 2). Dans les deux cas, la combinaison a produit une réduction de la glycémie et une amélioration du profil lipidique supérieures à celles obtenues avec le médicament seul.

Les auteurs en ont conclu que le shilajit agit probablement par un mécanisme différent de celui de la metformine. Ce n'est pas un doublon. C'est un soutien complémentaire.

L'essai clinique sur 45 patients (Gupta et al., 2016)

Cette étude humaine a suivi 45 patients diabétiques de type 2 pendant trois mois. Chacun recevait 500 mg de shilajit en capsule, deux fois par jour. Les résultats ont montré une réduction de la glycémie à jeun de 24% et de la glycémie postprandiale de 20%. Plus de 75% des patients ont rapporté une amélioration de leurs symptômes : moins de soif excessive, moins de mictions fréquentes, moins de fatigue générale, et un retour de la libido.

À retenir

Chez 45 patients diabétiques de type 2 (Gupta et al., 2016), 500 mg de shilajit deux fois par jour pendant 3 mois :

↓ Glycémie à jeun : −24 %

↓ Glycémie postprandiale : −20 %

+75 % des patients ont rapporté une amélioration de leurs symptômes quotidiens

Résultats confirmés par un second essai sur 84 patients (2014).

Ce sont des chiffres qui comptent pour les personnes concernées. Le diabète de type 2 s'accompagne souvent d'une fatigue persistante que les traitements classiques ne résolvent pas complètement. Le fait que le shilajit agisse à la fois sur les marqueurs biologiques et sur le ressenti quotidien mérite d'être noté.

L'essai sur 84 patients (2014)

Un protocole plus large, sur 84 patients avec le même dosage et la même durée, a confirmé ces résultats sur un échantillon plus important.

Niranjan et al. (2016), la dimension cardiovasculaire

Cet essai randomisé en double aveugle a déjà été mentionné dans notre article sur le shilajit et le cholestérol, et c'est logique : le diabète et les anomalies lipidiques sont les deux faces d'un même déséquilibre métabolique. Sur 40 patients diabétiques de type 2, 12 semaines de shilajit (250 mg deux fois par jour) ont amélioré la fonction endothéliale, réduit le cholestérol total, le LDL, les triglycérides, et augmenté le HDL. Mais cette étude a aussi mis en évidence une réduction de la protéine C-réactive ultra-sensible (marqueur inflammatoire) et une augmentation du monoxyde d'azote.

Pour un patient diabétique, la fonction endothéliale est une donnée de premier plan. La dysfonction endothéliale est l'un des premiers signes de complications vasculaires, bien avant l'apparition des symptômes cliniques. Protéger l'endothélium, c'est protéger les artères. Et les artères, chez le diabétique, sont la cible principale.

Les mécanismes biologiques : pourquoi le shilajit agit sur la glycémie

L'effet du shilajit sur le métabolisme du glucose ne relève pas d'un seul mécanisme. Plusieurs voies d'action convergent.

L'acide fulvique et la sensibilité à l'insuline

L'acide fulvique, composant principal du shilajit, agit au niveau cellulaire. Natsume et al. (2018), dans un travail présenté au World Congress of Basic and Clinical Pharmacology, ont montré que l'acide fulvique favorise la consommation d'ATP et l'absorption du glucose dans les cellules musculaires (lignée C2C12). Le potentiel de membrane mitochondrial était également amélioré.

En clair

Le potentiel de membrane mitochondrial, c'est la charge électrique que vos mitochondries maintiennent pour produire de l'énergie. Pensez à une batterie : quand elle est bien chargée, elle alimente tout ce qui en a besoin. L'acide fulvique aide cette batterie cellulaire à rester chargée, ce qui permet aux cellules de mieux capter et utiliser le glucose.

En pratique, l'acide fulvique semble mimer certains effets métaboliques de l'exercice physique : il stimule l'utilisation du glucose par les cellules et améliore l'efficacité mitochondriale. Chez des souris nourries avec un régime riche en graisses, l'acide fulvique a réduit la prise de poids (un effet que l'on explore dans notre article sur le shilajit et la perte de poids), normalisé la glycémie et les niveaux d'insuline, et diminué l'accumulation lipidique dans le foie.

L'exercice physique reste le levier le plus puissant pour améliorer la sensibilité à l'insuline. Mais pour les personnes dont la mobilité est réduite, ou en complément d'une activité physique régulière, ce mécanisme de l'acide fulvique ouvre une piste intéressante.

La protection des cellules bêta du pancréas

Bhattacharya (1995) a montré que le shilajit protège les cellules bêta pancréatiques en empêchant la diminution de l'activité de la superoxyde dismutase (SOD), une enzyme antioxydante. C'est un point important : dans le diabète de type 2, les cellules bêta s'épuisent et se détruisent progressivement sous l'effet du stress oxydatif. Réduire ce stress, c'est préserver la capacité du pancréas à produire de l'insuline.

En clair

La superoxyde dismutase (SOD), c'est le garde du corps des cellules qui fabriquent l'insuline. Elle intercepte les radicaux libres avant qu'ils ne les abîment. Quand la SOD baisse, ces cellules se retrouvent sans protection et finissent par mourir. Le shilajit maintient ce garde du corps en poste.

Les minéraux : chrome, zinc, magnésium

Le shilajit contient naturellement du chrome, du zinc et du magnésium, trois oligoéléments directement impliqués dans le métabolisme du glucose. Le chrome facilite la liaison de l'insuline à ses récepteurs cellulaires. Le zinc est nécessaire au stockage et à la libération de l'insuline par les cellules bêta. Le magnésium améliore l'absorption du glucose par les muscles et les tissus.

On estime que jusqu'à 40% des personnes diabétiques présentent une carence en magnésium. Et ces carences ne sont pas anodines : elles aggravent la résistance à l'insuline et entretiennent le cercle vicieux métabolique. L'acide fulvique du shilajit, en améliorant la biodisponibilité de ces minéraux, pourrait contribuer à corriger ces déficits de manière progressive.

L'action anti-inflammatoire

L'inflammation chronique de bas grade accompagne systématiquement le diabète de type 2. Elle participe à la dégradation des cellules bêta, à la résistance à l'insuline et aux complications vasculaires. Winkler et Ghosh (2018), dans une revue publiée dans le Journal of Diabetes Research, ont analysé le potentiel thérapeutique de l'acide fulvique dans les maladies inflammatoires chroniques et le diabète. Leur conclusion : l'acide fulvique module le système immunitaire, influence l'état oxydatif des cellules et améliore la fonction gastro-intestinale, trois dimensions directement liées à la physiopathologie du diabète.

La logique systémique : comment tout se connecte

Si on prend du recul, le tableau est cohérent. Le diabète de type 2 n'est pas une maladie isolée. C'est un dysfonctionnement métabolique qui touche simultanément la glycémie, les lipides, l'inflammation, la fonction vasculaire et la production d'énergie cellulaire.

Le shilajit n'agit pas sur un seul de ces paramètres. Il intervient à plusieurs niveaux : sensibilité à l'insuline, protection du pancréas, profil lipidique, stress oxydatif, fonction endothéliale. C'est cette action multi-cibles qui en fait un candidat pertinent dans une approche globale du métabolisme. C'est aussi ce qui le distingue d'un complément qui ne ciblerait qu'un seul mécanisme.

C'est la logique du SIHO Effect : les composés du shilajit (acide fulvique, DBP, minéraux) ne fonctionnent pas de manière isolée. Ils s'inscrivent dans un système de synergies biologiques qui soutient la capacité du corps à réguler son propre métabolisme.

Diabète et vieillissement : pourquoi ce sujet compte sur le long terme

La résistance à l'insuline n'est pas seulement un problème de glycémie. C'est l'un des accélérateurs les mieux documentés du vieillissement biologique. Une glycémie chroniquement élevée provoque la glycation des protéines : le glucose se fixe sur le collagène, l'élastine, l'hémoglobine, et les rigidifie. C'est ce qui explique que le diabète accélère le vieillissement de la peau, des artères et des articulations.

En clair

La glycation, c'est un peu comme du caramel qui se forme sur vos protéines. Quand le sucre reste trop longtemps dans le sang, il se colle aux tissus et les rend rigides. C'est pour ça qu'un diabète mal contrôlé vieillit la peau, durcit les artères et raidit les articulations plus vite que la normale.

La dysfonction mitochondriale qui accompagne la résistance à l'insuline est elle-même un marqueur du vieillissement cellulaire. Des mitochondries qui fonctionnent mal produisent plus de radicaux libres et moins d'ATP, ce qui alimente l'inflammation chronique de bas grade parfois appelée "inflammaging". Diabète, inflammation systémique et déclin mitochondrial forment un triangle qui s'auto-entretient avec l'âge. Prendre soin de sa sensibilité à l'insuline, c'est agir sur l'un des mécanismes fondamentaux du vieillissement.

Ce qu'il faut retenir (et ce qu'il ne faut pas en conclure)

Les données sont encourageantes. Plusieurs études humaines et animales convergent vers un effet favorable du shilajit sur la glycémie, le profil lipidique et les paramètres cardiovasculaires associés au diabète de type 2.

Précaution

Le shilajit peut interagir avec les hypoglycémiants oraux (metformine, glibenclamide). Si vous êtes sous traitement pour le diabète, parlez-en à votre médecin avant d'intégrer le shilajit dans votre routine : l'effet cumulé sur la glycémie doit être surveillé.

Parlez-en à votre médecin si...

→ Vous prenez de la metformine, du glibenclamide ou un autre hypoglycémiant

→ Votre hémoglobine glyquée (HbA1c) est supérieure à 7 %

→ Vous surveillez votre glycémie quotidiennement (risque de baisse cumulative)

Cela dit, le shilajit n'est pas un traitement du diabète. Il ne remplace ni la metformine, ni le suivi médical, ni les mesures hygiéno-diététiques qui restent le socle de la prise en charge.

Ce que le shilajit offre, c'est un soutien biologique cohérent avec la complexité de la maladie. Pas un raccourci. Un outil de plus, ancré dans des mécanismes documentés, pour prendre soin d'un métabolisme qui en a besoin.

Questions fréquentes

Le shilajit peut-il remplacer la metformine ?

Non. Les études montrent un effet complémentaire, pas substitutif. Trivedi et al. (2004) ont d'ailleurs montré que la combinaison shilajit + metformine était plus efficace que chacun pris séparément.

Le shilajit fait-il baisser la glycémie chez les personnes non diabétiques ?

L'étude de Sharma et al. (2003) sur des volontaires sains n'a pas montré de modification significative de la glycémie à jeun. L'effet semble surtout pertinent quand la glycémie est déjà déséquilibrée.

Quel dosage a été utilisé dans les études ?

500 mg deux fois par jour pendant 3 mois dans les essais cliniques humains (Gupta et al., 2016). 250 mg deux fois par jour dans l'essai de Niranjan et al. (2016).

Sources

Trivedi N.A. et al. (2004). Effect of shilajit on blood glucose and lipid profile in alloxan-induced diabetic rats. Indian Journal of Pharmacology.

Gupta V. et al. (2016). A comparative study of Shilajatu and Asanadi Ghana Vati in the management of Madhumeha. Ayu.

Niranjan K. et al. (2016). Evaluation of the effect of purified aqueous extract of Shilajit in modifying cardiovascular risk. International Journal of Ayurveda and Pharma Research.

Bhattacharya S.K. (1995). Shilajit attenuates streptozotocin-induced diabetes mellitus and decrease in pancreatic islet superoxide dismutase activity in rats. Phytotherapy Research.

Natsume C. et al. (2018). Fulvic acid-induced mitochondrial membrane potential improves diabetic symptoms in mice. World Congress of Basic and Clinical Pharmacology, Kyoto.

Winkler J. & Ghosh S. (2018). Therapeutic Potential of Fulvic Acid in Chronic Inflammatory Diseases and Diabetes. Journal of Diabetes Research.

Jean-Christophe gadrat

Jean-Christophe gadrat

Fondateur de SIHO

J'explore depuis des années la recherche en longévité, en combinant découvertes scientifiques, micronutrition et compréhension des mécanismes du vieillissement. Ma conviction : la science est un moyen de mieux comprendre le corps pour continuer à profiter de la vie.

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